L’élevage intensif peut-il être durable ?

L’élevage intensif peut-il être durable ?

Un article publié sur The Conversation analyse la notion d’élevage intensif et interroge sa capacité à évoluer face aux enjeux environnementaux, économiques et sociétaux. Les auteurs mettent en avant plusieurs pistes d’évolution, notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la reconnexion entre cultures et élevages et un meilleur accompagnement économique des producteurs.

 

L’article publié sur The Conversation s’appuie sur un rapport de l’Académie d’agriculture de France paru en juin 2025 auquel ont contribué les auteurs, Philippe Chemineau et Jean-Louis Peyraud. L’article propose tout d’abord une définition de l’élevage intensif. Au sens premier, ce terme désigne un système de production reposant fortement sur des facteurs de production extérieurs à l’exploitation. Dans le débat public, la notion a progressivement évolué pour désigner des élevages caractérisés par une forte concentration d’animaux, souvent associés à des systèmes en bâtiment et à une spécialisation territoriale des productions.

Si un élevage productif demeure nécessaire pour répondre aux besoins de consommation, il ne peut cependant se limiter au modèle actuel et doit évoluer. Parmi les pistes évoquées figurent la réduction des émissions de gaz à effet de serre – notamment le méthane émis par les ruminants – ainsi que la diversification de l’alimentation animale, par exemple via un recours accru aux légumineuses. Les auteurs soulignent également l’importance de reconnecter cultures et élevages à différentes échelles afin de mieux boucler les cycles des nutriments et de réduire les dépendances aux intrants.

Ces évolutions supposent toutefois des conditions économiques favorables. Les auteurs insistent sur la nécessité d’améliorer la rémunération des producteurs, notamment par un meilleur partage de la valeur au sein des filières et par un renforcement des liens entre producteurs et consommateurs. Un soutien des politiques publiques apparaît également indispensable pour accompagner les agriculteurs engagés dans des pratiques plus durables.

En définitive, l’élevage pourrait évoluer vers un « standard amélioré », capable de fournir des produits animaux à un prix accessible tout en répondant davantage aux attentes sociétales, qu’il s’agisse de l’environnement, du bien-être animal ou de la santé des consommateurs.